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Sentimental/Romanesque
widjet : Maldonne
 Publié le 12/10/17  -  18 commentaires  -  4411 caractères  -  197 lectures    Autres textes du même auteur

Forcément, un jour ou l'autre, quelqu'un va s'en rendre compte.


Maldonne


Je tiens debout depuis que tu m’as renversé

(Marc Lavoine)


Je suis à l’intérieur de la brasserie Le Melwen.


Je n’ai encore rien écrit. Pas une ligne. La mine plantée à la verticale sur mon cahier, mon stylo ressemble à un danseur étoile unijambiste qui fait sa pointe.


De loin, je l’aperçois.


Le pas aérien, elle traverse, impatiente, la rue des Bourguignons, se faufile parmi les gens qu’elle évite avec élégance, pareille à une skieuse qui slalome entre les drapeaux. Elle avance dans ma direction. C’est con, mais j’arrive encore à m’en étonner. Pourtant, c’est bien vers moi qu’elle se dirige. Vers moi.

Il a l’air de faire froid, dehors. Même le vent semble s’être enrhumé. Derrière les vitres, je l’entends renifler.


Elle se rapproche.


Sa jupe en portefeuille claque sur ses cuisses. Je lui fais signe de la main. Ça y est, elle m’a vu. Elle sourit. Son sourire, là encore, c’est bel et bien à moi qu’il est destiné. Pourtant, je n’en reviens toujours pas. Dans quelques secondes, elle va entrer dans le café, aller à ma rencontre. Et, quand elle sera suffisamment près, elle viendra poser ses paumes glacées sur mes joues mal rasées, et m’embrasser. Quant à moi, je tâcherai de ne pas fermer les yeux, de ne pas perdre une seule miette de l’instant. C’est puéril, je sais, mais cette scène-là, je vais la rembobiner et me la repasser en boucle pour me convaincre encore et encore que cette histoire, cette fille, c’est réel, que ce n’est pas du pipeau.

Deux ans de vie commune, une maison, bientôt un Gremlin, et je n’y crois toujours pas. Je n’y peux rien. J’ai l’impression d’être dans un film où s’est glissée une erreur dans la distribution des rôles ; le sentiment que tout ça repose sur une espèce de quiproquo. Qu’il y a maldonne. Tôt ou tard, forcément, quelqu’un – le réalisateur, le chef opérateur ou même la maquilleuse – finira par se rendre compte du malentendu et changera le casting. Je m’attends un jour ou l’autre à ce qu’on vienne taper à ma loge pour me dire : « Je regrette, monsieur. Il y a méprise sur la personne. Cette fille n’est pas pour vous. » Rien que d’y penser, j’ai le vertige et des palpitations. Si cela devait arriver un jour, je ne m’en remettrais pas. Je ne dis pas ça à la légère. L’arbitre pourra compter jusqu’à dix ou dix mille, cela ne servira à rien, je ne me relèverai pas d’un uppercut pareil.

Il y a trois ans, ma vie ressemblait un peu à la fameuse cassette dans Mission impossible, cette cassette qu’écoutait ce brave monsieur Phelps dont la bande s’autodétruisait après cinq secondes. Voilà, j’étais pareil, avant. J’étais cette cassette. Je me consumais sur place. Et puis, un matin dans le métro bondé, une simple bousculade à la station Gaîté et voilà qu’elle débarque en ouvrant grand mes rideaux. Et, depuis, ma vie, je commence à…


– À qui tu parles, mon amour ?

– Hein ?

– À qui tu parles comme ça à voix haute ?

– Euh à personne…

– Ah bon…

– …

– Alors, il avance ton livre ?

– Bof.

– Tu vas parler de moi, je parie.

– N’importe quoi.

– Tu vas écrire quelle fille extra je suis.

– C’est ça, ouais.

– Quoi, je suis pas extra ?


Un grondement au-dessus de nos têtes. Le ciel est venu à ma rescousse. Je lui revaudrai ça, c’est promis. Une averse drue et épaisse débarbouille les trottoirs.

Ethel rit.


– T’as de la chance, Hemingway.


Quand on ne sait pas quoi répondre, il est préférable de se taire.

La pluie redouble d’intensité. Le vent, à son tour, tient à jouer sa partition automnale. Des bourrasques ébouriffent les arbres. Là-bas, un homme s’est lancé à la poursuite de sa postiche tandis que des enfants esquivent les menottes maternelles pour s’en aller sauter à pieds joints sur les premières flaques. « On rentre ? » fais-je. Elle me regarde, hésitante. « T’as vu le temps ? » « Même pas peur », dis-je en ouvrant d’un geste ample et grandiloquent le pan de mon imper comme s’il s’agissait d’une cape de prestidigitateur. Ethel pouffe de rire avant de s’y engouffrer.


Nous sortons de la brasserie. Deux imbéciles heureux à la merci de l’orage.


Ethel se cramponne à mon bras, plaque sa joue diaphane tout contre ma poitrine. J’ai beau me donner un air détaché, mon cœur, lui, n’en fait qu’à sa tête. Il me trahit, de plus en plus fort.


Peu importe.


Je bombe le torse.

Je suis prêt à affronter le déluge.


Et le monde entier.


 
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   SQUEEN   
16/9/2017
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
Lecture agréable, scène de vie heureuse, et oui c'est bien quand on se rend compte de son bonheur, de sa chance: texte un peu court à mon avis par sa taille mais également par ce qu'il développe, mais bon l’écriture sauve ce texte sans prétention, mais ça fait du bien des fois l’absence de prétention. « Là bas, un homme s’est lancé à la poursuite de sa postiche tandis que des enfants esquivent les menottes maternelles pour s’en aller sauter à pieds joints sur les premières flaques. » Cette phrase m’a sorti de l’univers que vous aviez créé, j’ai eu l’impression de me retrouver dans un décor à la « Hergé », pas compatible avec le réalisme plutôt moderne du début que je m’étais visualisé. Attention peut-être au stéréotype de la petite femme à la joue diaphane contre le torse de son homme qui la protège de la colère des éléments. Merci pour le partage.

   Asrya   
16/9/2017
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Une citation de Marc Lavoine pour commencer, faut oser.
Je me suis demandé où je mettais les pieds, mais j'ai quand même fait un pas, et puis un autre.
Une nouvelle bien courte, qui encourage forcément à la terminer rapidement.
Un brin de romance, tout simple, sans fioriture, on y croit. J'y ai cru en tout cas et à vrai dire, j'ai trouvé la candeur, la simplicité de l'ensemble d'un réalisme émouvant : ça m'a plu.
Et j'ai beau écrire ça, je ne comprends pas pourquoi votre court texte m'a conquis. Il n'a rien de spécial, rien de plus que bien d'autres j'ai l'impression.

C'est tendre, et sur l'instant, ça me suffit.
Merci.
Au plaisir de vous lire à nouveau,
Asrya.

   plumette   
18/9/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Il existe bien des manières de parler d'amour, j'aime beaucoup celle choisie par le narrateur.
son émerveillement, ses peurs, la force qu'il puise dans cette relation, touts cela dans une langue assez légère,avec de jolies images.
Ce n'est pas mièvre et c'est touchant!

A vous relire

Plumette sentimentale

   Tadiou   
22/9/2017
 a aimé ce texte 
Pas
(Lu et commenté en EL)

L’insistance sur la « maldonne » ("je n'y crois pas") me paraît franchement lourde à n’en plus finir.

Le dialogue est d’une banalité (à mon sens !) bien décevante après les promesses suggérées au sujet de cette fille extra.

Le coup de la pluie et du vent fait tout à fait ordinairement romantique.

Et la fin évoque Rastignac : « A nous deux Paris ! »

Bref, je n’ai pas aimé et suis déçu ; je n’ai été ni ému, ni surpris.

A vous relire.

Tadiou

   Louison   
12/10/2017
 a aimé ce texte 
Un peu ↓
Je n'ai pas trop accroché à cette histoire, 2 ans de vie commune et il croit toujours usurper le rôle? Il pense qu'il y a maldonne, amoureux comme il est, il ne sait que bafouiller lorsqu'elle s'adresse à lui.
les dialogues sont un peu plats et empêchent de croire à l'histoire.

Une postiche? Vous êtes sûr du féminin?

et à la fin? je suis restée sur ma faim.

Une autre fois, j'en suis sûre

   Ananas   
12/10/2017
 a aimé ce texte 
Vraiment pas
Pfff W... Bonjour d'abord.

Déjà pardon, mais POSTICHE garde une coquille je pense, c'est un nom masculin.

La meuf qui a le pas aérien et l'élégance de la skieuse (soit on a le pas aérien et on est élégante, soit on a le pas assuré et énergique d'une skieuse)... qui a un rhume mais sort en robe portefeuille dans le froid évident... mouais bof quoi...

Toutes ces métaphores, ces références cinématographiques, ces traits d'esprit,... sur un texte aussi court j'ai eu une overdose, j'ai l'impression que t'avais trop rien à dire alors t"as vite fait une petite esquisse d'un truc sentimentalo romantique... ouais... ça manque de substance, c'est niais, c'est ... loin d'être ta meilleur production mon poto.

Pour te dire je crois que c'est le pire truc que j'ai lu de toi, tes interventions en forum ont plus de punch !

Désolée tu sais que je t'adore, mais là, t'as fait fort !

:'(

   Pouet   
12/10/2017
Slt,

Bon, perso je préfère largement l'auteur quand il fait dans le noir de chez noir plutôt - qu'en l'occurrence - dans le rose bonbon.

C'est très court et j'ai lu donc je laisse une trace de mon passage mais j'aurais tout aussi bien pu m'abstenir je pense. Pas de lire car ce n'est pas déplaisant, ça se lit bien, comme un extrait d'un roman "populaire" même si je ne sais pas trop ce que ça veut dire.

C'est un peu gnangnan, plein de bons sentiments, l'auteur insiste assez lourdement mais bon, au final, on lit quand même.

Voilà, mon commentaire ne sert pas à grand chose ma foi, j'avais préviendu.

PS: c'est pas un texte déjà paru ça? J'ai eu l'impression de l'avoir déjà lu.

   Jean-Claude   
12/10/2017
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour Widjet,

J'ai trouvé ce texte sympathique, pas vraiment une histoire, plutôt un instantané.

Dès le danseur unijambiste, je me sus attendu à plus de verve. Pour le coup, j'ai été déçu. La verve s'est dissoute dans un texte bien écrit avec un rythme un peu rapide, comme un polar, mais, au final, cela ne m'a pas gêné.

Au plaisir de vous (re)lire

PS je n'aime pas la première phrase sous la citation.

   Ludi   
12/10/2017
 a aimé ce texte 
Vraiment pas ↓
Widjet,

Dis-moi juste que c’est une blague !! :)))
T’es conscient qu’il y a des textes dans la file d’attente d’Oniris ?

Et puis moi, si je suis ton héroïne, je porte plainte ou je divorce. Des dialogues pareils, dans la vraie vie, je veux bien, on a tous une vdm, mais franchement, dans une fiction ?

Quand j’ai lu : « Ethel se cramponne à mon bras, plaque sa joue diaphane tout contre ma poitrine », j’ai eu qu’une envie, c’est d’aller me rincer avec une bonne et vraie élégie de Cristale.

Tu sais quoi, je n’accepterai des notes supérieures à Vraiment pas que si le commentaire qui les accompagne est vraiment drôle, sinon je crois que je vais monter un atelier d’écriture, y'a un local qui vient de se libérer juste à côté de la maternelle.
D’ailleurs, je te demande d’annuler ma pré-commande du résumé de ton prochain roman, et je me suis discrètement débarrassé des dix derniers que j’avais achetés en attendant de les lire à la retraite. J'ai déjà toute une collection en retard de Chez nous et Confidences.

Allez, Widjet, t’es juste un gros farceur qui a envie de nous tester. Tu restes le meilleur.

Ludi
qui en a pour la journée : ))))

   hersen   
12/10/2017
Ce n'est pas que du si court, du si basique (oh ben si quand même !) ne peuvent pas faire un bon texte. mais c'est je crois un des exercices les plus difficiles car alors chaque mot doit être posé et surtout, chaque chose dite doit projeter plus loin.

Plus c'est court, moins il faut de références, plus il faut rester collé au propos.

Ton histoire n'est pas bonne parce que tu l'as éparpillée comme si tu allais écrire un 20 000 caractères. Le sujet n'est ni bon ni mauvais. Mais il fallait aller au fond, il fallait que le gars se retrouve décortiqué par ta plume. Alors que tu as fait l'inverse, tu l'as suremballé avec des détails dont tu pensais sans doute qu'ils posaient l'histoire. Ce qui fait qu'on se retrouve à lire une histoire sans originalité, sans trait particulier qui laisserait après lecture une densité.

hersen

   Donaldo75   
13/10/2017
Bonjour Widjet,

Tu as choisi la difficulté dans le très court.

Ceci étant dit, j’ai lu ton récit avec plaisir ; tu as réussi à provoquer chez moi deux émotions différentes et contrastées:
1/ L’envie de rire, parce que tu t’accroches à tes sempiternels artifices stylistiques ; par exemple :
« mon stylo ressemble à un danseur étoile unijambiste qui fait sa pointe. »
« pareille à une skieuse qui slalome entre les drapeaux »
Ce sont des images molles à mon goût, du prémâché pas très original. J’ai toujours pensé que ces artifices stylistiques devenaient rapidement un handicap pour la narration, parce que quand ils étaient ratés ils phagocytaient l’histoire elle-même. Mais chacun ses gouts ; après tout, Johnny Hallyday a lui aussi ses tics et pourtant un large public l’adule.

NB : Au passage, le cinéma est très présent dans tes écrits, souvent dès le découpage de l’histoire. Là, tu en fais des tonnes dans l’analogie ; c’est un peu trop. Je cite ces quelques phrases, emblématiques de cet amour immodéré pour le septième art :
« Tôt ou tard, forcément, quelqu’un – le réalisateur, le chef opérateur ou même la maquilleuse – finira par se rendre compte du malentendu et changera le casting. Je m’attends un jour ou l’autre à ce qu’on vienne taper à ma loge pour me dire : « Je regrette, monsieur. Il y a méprise sur la personne. »
Là aussi, l’image est molle. J’ai failli bailler.

2/ L’envie de continuer à lire l’histoire quand elle se finit, parce qu’enfin elle trouve vraiment un ton. A cet égard, le passage suivant est symptomatique :
« Ethel se cramponne à mon bras, plaque sa joue diaphane tout contre ma poitrine. J’ai beau me donner un air détaché, mon cœur, lui, n’en fait qu’à sa tête. Il me trahit, de plus en plus fort.

Peu importe.

Je bombe le torse.
Je suis prêt à affronter le déluge.

Et le monde entier. »

Pour moi, la nouvelle démarre. Elle a trouvé sa tonalité.
C’est dommage, parce que je suis arrivé au bout de la page, il n’y a plus rien.
As-tu oublié de nous faire profiter de la suite ?

   Cat   
13/10/2017
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
Shalom Widjet,

Je ne vais pas y aller par quatre chemins : lire Widjet en sentimental/rom c’est touchant, très touchant, mais pas folichon tant il manque d’épaisseur à cette nouvelle.

A se déliter ainsi, ton écriture perd du percutant là où elle gagne en guimauve. Tes clichés sont grossis à l’extrême, un peu comme si tu te sentais obligé d’écrire une nouvelle pour des nuls à qui il faut tout décrypter dans les moindres détails.

On te l’a déjà dit par ailleurs, l’élégance de ta skieuse qui slalome, c’est du bof bof pour moi aussi. « Elle se faufile avec élégance… » suffit à donner une belle image.

Je note que j’aime « un peu plus » parce que je mets ma main à couper qu’il y a beaucoup de toi dans cet amoureux émerveillé par sa belle. Et ça, c’est beau, ça vaut tout l’or du monde et tous les meilleurs commentaires que tu puisses espérer.

A te relire autrement


Cat

   Acratopege   
14/10/2017
 a aimé ce texte 
Bien
Je dois avouer que la postiche m'a fait rire. J'ai cru à une faute d'orthographe, que le monsieur courait après sa potiche, ce qui me semblait bien dans le ton de la nouvelle.
Amoureux fou d'une potiche tout en se sentant un imposteur qu'on va démasquer, le thème est plus profond qu'il n'y parait. Le paradigme de la dubitativité masculine sous des allures de romance fleur bleue ornée de métaphores téléphonées et de clichés sempiternels, voilà un menu qui ne peut qu'enchanter le collectionneur de lieux communs que je suis.
Merci pour ces quelques minutes de légèreté profonde. Que revive la romance, et nous nous sentirons tous mieux!

   guanaco   
14/10/2017
 a aimé ce texte 
Bien ↓
(Pas encore lu le forum)

Salut W
Je confirme la dimension cinématographique de ce texte. C'est pour moi très visuel et c'est pour ça que la simplicité des dialogues ne m'a pas gêné.
Je trouve que ça fait même très comédie musicale, "i'm singing in ze rain" etc... et pourquoi pas?
Mais c'est vrai qu'on t'a connu plus poignant.
Merci à toi

   Kvalcade   
16/10/2017
 a aimé ce texte 
Un peu
Bonjour Widjet

C'est à la fois trop court et trop long.
C'est poétique, romantique.

Beaucoup de phrases mériteraient d'être coupées comme "Mon stylo ressemble à un danseur étoile unijambiste." Stop. L'image est parfaite sans le qui etc qui précise et gâche la vue. " Derrière les vitres le vent semble s'être enrhumé." Pareil. En plus c'est beau. Et poétique. Et romantique.

AMHA Tout ce qui explique la "maldonne" est à retravailler. C'était le moment où moi, lectrice, j'avais une chance de me faufiler dans le coeur et la tête de cet homme, or j'ai eu l'impression de remplissage et donc de vide. Dommage.
Les dialogues sont intéressants. Ils dévoilent le bonhomme que j'imagine introverti, peu sûr de lui ascendant complexé en sus d'être un ours à grosse tendance rabat-joie.
C'est effectif que cette fille, qui est tout l'inverse de lui, a dû beaucoup creuser ou ramer pour se persuader que ce mec valait le coup, que loin sous la terre et la roche, il y avait de l'or.
Elle est toute mignonne, toute gentille, rieuse, elle essaie de le sortir de son trou "Où en est ton roman ? (Bof) et on sent qu'elle sort les rames et le gilet de sauvetage avec : "tu vas parler de moi, tu vas dire quelle fille géniale je suis" sous-entendu, fait un effort, dis moi que je suis géniale et l'autre qui répond : n'importe quoi... Franchement, il y a des filles qui ont une âme de Saint-Bernard. Bref, ces dialogues sont éloquents et dépeignent assez bien le personnage masculin.
N'empêche, je suis comme le mec : je comprends pas.
Et justement... parce que je ne comprends pas, j'aurais aimé que l'auteur m'explique le comment du pourquoi. Une bousculade dans le métro, franchement,c'est pas suffisant. Il y a forcément eu un truc qui a fait tilt chez cette fille. Seulement voilà, je le saurai pas.
Ou alors elle est complètement nunuche. Le gars se balade avec un carnet et un stylo dans la poche, parle tout seul, et elle se dit ce type-là, c'est le futur Hemingway et si je l'ai rencontré, moi, ça veut dire qu'il a besoin de moi pour le pousser, le porter, le tirer... Bref, le saint-Bernard a flairé les emmerdes et il a dressé les oreilles.

A partir de "deux imbéciles heureux", je lis et je me dis que je vois où l'auteur veut en venir, qu'il faut bien qu'il se passe quelque chose, je me rappelle aussi que l'amour ça n'existe pas ou du moins qu'il n'est pas pour le commun des mortels (plutôt pour les premiers de cordée, comme dirait quelqu'un) et j'attends le bus, le train, voire même la calèche - l'époque n'est pas précisée - qui va me réduire le Saint-Bernard en bouillie.
Ben non. Monsieur gonfle la poitrine, heureux de protéger son amour, heureux que celui-ci l'ait choisi lui pour le protéger.
Moralité : les gens heureux n'ont pas d'histoire.

C'était plaisant à lire, c'est juste dommage.

   PierrickBatello   
17/10/2017
 a aimé ce texte 
Vraiment pas
Il y a clairement maldonne. Le compte de Widjet s'est fait hacker, c'est ça?

Un danseur étoile unijambiste... c'est de l'humour noir? Cela pourrait presque...

Même le vent semble s'être enrhumé? Mon Dieu, au secours, un poète!

Vraiment, j'ai pas compris.

   GillesP   
18/10/2017
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Eh bien moi, je l'ai bien aimé, ce texte. Il est frais, agréable à lire et je ne trouve, pour ma part, rien à redire quant au style. C'est un instantané, un très court moment de vie raconté avec une légèreté qui atténue ce qui pourrait paraître comme de la mièvrerie.
Après, évidemment, on ne peut pas dire que l'histoire en elle-même soit haletante, mais ce n'était pas le but. J'imagine que ce texte a été créé comme une sorte de récréation entre des projets plus ambitieux. En tout cas, en tant que lecteur, c'est comme cela que j'ai ressenti ce texte. Il a constitué, je l'avoue, un moment de récréation entre deux tâches professionnelles peu captivantes.
Au plaisir de vous relire, Widjet.

   Berndtdasbrot   
19/10/2017
 a aimé ce texte 
Passionnément ↑
Bonjour Widjet
Les clés de la réussite d'une nouvelle sont présentent ici : Court, pas de longueurs superflues, des personnages vite croqués et bien croqués ! Des détails qui dessinent les traits et le fond du tableau : le vent, la jupe portefeuille...des envolées lyriques qui ne sont pas surfaites : Le stylo danseur étoile, la skieuse...une scène que chaque lecteur a pu connaitre, une scène réaliste avec des dialogues probants.
Autour de tout ces bons ingrédients, vous avez saisi la magie d'un instant d'amour et toute l'histoire de cette amour se dessine autour en quelques secondes !
Il y avait longtemps que j'avais lu un texte sur l'amour qui décrit et fait vivre aussi bien ce fort sentiment. Pas de mievrerie, rien en trop...Pas un stylo unijambiste, ça !!
beau, tendre, magnifique
Berndrdasbrot


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