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Poésie contemporaine
INGOA : Le dévoué
 Publié le 28/05/19  -  15 commentaires  -  1048 caractères  -  244 lectures    Autres textes du même auteur

Des heures supplémentaires effectuées avec zèle.


Le dévoué



Qu'apportes-tu le soir, après tes livraisons,
Chez cet autre client qui rallonge ta route
Et te fait rentrer tard alors que la maison
Commence à s'endormir, que le dîner s'encroûte ?

Deviendrais-tu zélé au point de négliger
Les heures parcourues au cadran de ta montre
Rien que pour ton travail ? Tu n'es pas obligé
De desservir le soir d'autres points de rencontre ;

Surtout qu'en fin de mois ta feuille de salaire
Sur les fréquents extras semble très amnésique !
Ton patron pourrait bien connaître ma colère…
À moins que je n'entende un autre air de musique.

Quoi ? Quel est donc ce mot qui rime avec frivole ?
Tu ne peux refuser quelques menus services
Qui te font travailler le soir en bénévole,
Apprendre le métier à de simples novices ?

Je vois bien mon ami que là tu t'ankyloses
À me faire avaler tout un plat de mensonges.
Parle-moi des putains et de leur maison close
Qui gravitent la nuit au sommet de tes songes.


 
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   Provencao   
29/5/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
"Qui gravitent la nuit au sommet de tes songes"

J'ai beaucoup lu et relu votre poésie, pour y saisir le sens profond. Et c'est en lisant et relisant le dernier vers, que j'ai où pense avoir saisi la profondeur de votre texte.
Une sagesse qui se transforme en sensibilité , au sens où votre dessein, à mon sens, est d'offrir simplement à tout un chacun la possibilité de sentir, de ressentir ce qu'il fait où croît faire.

Et pour se faire, vous avez élargi le spectre du sensible, du véritable, de la réalité pour rendre le sujet émouvant au-dessus des marges établies.


Votre style d'écriture nous permet, m'a permise, de nous, de me donner ces facultés de ressentir, vraiment la puissance de notre agir....avec un équilibre plus ou moins réfléchi entre des formes pondérées entre ce que nous ressentons, vivons comme important, comme juste, tout simplement.

Au plaisir de vous lire
Cordialement

   sympa   
3/5/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour,

Je vois au fil de ma lecture une auteure très en colère...
Votre poème est bien ficelé: Des excuses moyennes pour les nombreux retards aux mensonges où Monsieur est "démasqué". Madame en a assez de "fermer les yeux" , de faire semblant d'y croire, et se rebelle enfin.
Bien dit et surtout bien joué . Sans oublier l'essentiel, bien écrit !

SYMPA EN EL.

   lucilius   
7/5/2019
 a aimé ce texte 
Bien
Ce dévouement très zélé cachait bien sûr des turpitudes et les "novices" exercent en fait un métier vieux comme le monde. Le tout est sympathique, agréablement écrit, sans prétention mais avec une certaine finesse.
J'imagine volontiers la suite avec la scène du rouleau à pâtisserie.

   PIZZICATO   
28/5/2019
 a aimé ce texte 
Bien ↑
" Parle-moi des putains et de leur maison close "
Eh ben voilà ! Appelons un chat un chat.

" ta feuille de salaire
Sur les fréquents extras semble très amnésique ! "

" Qui te font travailler le soir en bénévole,
Apprendre le métier à de simples novices ".

Ne leur faisons pas prendre des vessies pour des lanternes...

J'ai bien aimé cet humour aigre-doux.

   Robot   
28/5/2019
 a aimé ce texte 
Bien
Un peu de rage, un peu d'humour distancié dans un texte bien construit auquel il manque peu de chose pour rejoindre la catégorie classique.

J'ai apprécié que le questionnement du début débouche sur les indices d'une explication permettant au lecteur de saisir la portée du récit.

   Castelmore   
28/5/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Une construction très bien menée,
de l’humour
une acidité toute ... féminine ...
le tout servi par des alexandrins nerveux qui se jouent parfaitement d’un vocabulaire contemporain,

font un poème réussi et une lecture très agréable.

Merci pour ce partage

...Rajout : une mention plus pour le titre !

   papipoete   
28/5/2019
 a aimé ce texte 
Passionnément
bonjour INGOA
Tel un brave facteur Cheval, cet homme ne rechignant pas à la peine, retourne sur ses pas non point pour ramasser des cailloux, mais prodiguer à autrui les ficelles du métier, quoi de plus charitable que d'aider les novices ! Mais l'apprentissage " gratuit " hérisse le poil de Madame, qui souvent mange seul, s'inquiète et découvre le pot aux roses qui retarde tant son mari ! En fait de " novices ", les bénéficiaires des largesses de Monsieur, connaissent très bien leur métier, qu'elles exercent quand les épouses s'endorment !
NB Il ne faut pas rire du malheur des autres, mais là je rigole en imaginant la scène, quand le sur-travailleur évoque son labeur bénévole ( qui rime avec frivole ), quand madame lui remonte enfin, les bretelles !
Des dialogues savoureux, qu'un vocabulaire bien trouvé dans un français ordinaire, nous décrit avec malice l'auteure ; on en re-demande pour se détendre, et songer qu'une couleuvre n'est pas facile à avaler !
L'avant-dernière strophe vaut son pesant d'or !
Comme souvent dans le cas d'un texte " contemporain ", je ne vois pas le détail qui tue...le " néo-classique " ?

   leni   
28/5/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
bonjour ingoa
cette histoire fait partie des classiques du mensonge

Qu'apportes-tu le soir, après tes livraisons,
Chez cet autre client qui rallonge ta route 1

u ne peux refuser quelques menus services 2

Parle-moi des putains et de leur maison close
Qui gravitent la nuit au sommet de tes songes. 3

En 3 temps l'histoire est mise à nu
La narration est très simple et limpide
l'écriture est soignée Quel est donc ce mot qui rime avec frivole?
Pas de grosse colère une relative sérénité dans le ton

il y aura surement d'autre évènements plus bruyants dans la suite
Parle-moi des putains et de leur maison close

Là le Belge que je suis s étonne Une noble dame a fait fermer les maisons closes en France Maintenant on tapine autrement à l'orée du bois Mais la lecture de votre beau texte ne va pas m'amener à
à mettre en scène des petits tapins
je vous dirai que votre poème est un bel exercice de style que j'ai apprécié
merci à vous Mon salut cordial Leni

   Hananke   
28/5/2019
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
Bonjour

Ce texte serait à tout point parfait...si nous n'étions pas en catégorie
poésie même contemporaine et ce qui est grandement dommageable
pour la catégorie, c'est que justement, l'écriture poétique ne débute
réellement que lors du dernier quatrain.
Comme le dit si bien un commentateur avant moi :
"...Qu'un vocabulaire bien trouvé dans un français ordinaire..."
Et c'est ici que le bât blesse, l'écriture poétique ne se fait pas dans
un français ordinaire.

Alors, évidemment , il nous reste une belle histoire qui se clôt
par un très beau vers mais malheureusement, bien isolé.

   Annick   
28/5/2019
 a aimé ce texte 
Passionnément
Ce texte me semble à la frontière de plusieurs genres sans jamais être dans l'un ou l'autre franchement : farce... fable...comédie... Poésie ?

Je pense que cette tirade est réellement savoureuse quand on la lit tout haut, en mettant en scène cette femme qui n'est pas dupe ! Je l'ai trouvée finalement irrésistible !

Ce qui est drôle également, c'est l'opposition entre le quotidien banal des personnages et la mise en vers de leur histoire :

Qu'apportes-tu le soir, après tes livraisons,
Chez cet autre client qui rallonge ta route
Et te fait rentrer tard alors que la maison
Commence à s'endormir, que le dîner s'encroûte ?

C'est bien écrit. La verve est bien présente.

Merci.

   STEPHANIE90   
28/5/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonsoir Ingoa,

un très joli contemporain que l'on parcourt au pas de course, presque, pour éviter le coup de torchon de la ménagère en pleine scène de ménage qui a eu le temps de remâcher ses mots.
Un beau travail de verve qui garde ses pics du début à la fin.
"Je vois bien mon ami que là tu t'ankyloses
À me faire avaler tout un plat de mensonges."

Vraiment savoureux ! Merci pour la lecture,
StéphaNIe

   senglar   
28/5/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour INGOA,


Jadis c'était l'apanage du facteur, cela a de tout temps été celui du plombier, aujourd'hui cela peut effectivement être celui du livreur.

Ce poème renvoie indirectement à la fermeture des maisons closes par Marthe Richard puisque sur la dépouille de quelques hôtels particuliers dûment identifiés et patentés à fleuri une champignonnière de minuscules maisons closes non identifiées et non patentées où le livreur peut s'offrir gratis les faveurs de dames esseulées, rival ou plutôt doublon du bienheureux plombier.

Mais de quoi se plaint-elle la dame du poème ? Qu'elle demande à son mari de déboucher l'évier et elle aura à la fois les services et du livreur et du plombier. Cela lui en fera deux pour le prix d'un. Gratis évidemment :))

Et les songes se feront douceurs du foyer. Ô ma femme ! Ô mes maris ! HO HO HO ! ! !

L'auteure nous tient la main et nous mène habilement vers un Final doucement subodoré entraînant notre complicité amusée.


Senglar

   Lebarde   
28/5/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Belle narration écrite avec des mots simples en alexandrins presque purs, agréablement poétique.
Pourquoi faire la fine la bouche? Pour une fois le lecteur n’a pas besoin de chercher la face cachée du miroir, et j’aime bien.
Voilà pour la forme !

Sur le fond, pourquoi cette suspicion, pourquoi mettre en doute le travail supplémentaire de monsieur.
Le bénévolat est fait pour rendre service , vous avez remarqué madame qu’ il ne donne rien de plus sur la feuille de paie mais qu’il ne coûte rien non plus.
Alors pourquoi parlez vous de putains et de maisons closes?

De vous à moi, en confidence je penserais plutôt que monsieur rend service à une gentille dame au foyer dont le compagnon prend son poste de nuit en début de soirée.

J’ai formulé mon commentaire avec un vocabulaire de tous les jours et ça m’a fait du bien.

Merci Ingoa . Je relis une fois encore votre poésie avec plaisir.

Lebarde ( très détendu ce soir !)

   Stephane   
28/5/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonsoir INGOA,

J'ai bien aimé le traitement du sujet, la façon d'exprimer sa colère ou son désarroi. Au début je pensais à de vraies heures supplémentaires mais non. Enfin, disons que les heures supp se font ailleurs qu'au travail et, franchement, j'ai passé un bon moment de lecture.

   Davide   
29/5/2019
Bonjour INGOA,

Un texte très plaisant à lire, surtout pour cette "chute".

Mais... quid de la poésie ?
Je suis désolé de le dire si brutalement, mais je trouve ça plat, sans relief, fors cette dernière strophe, particulièrement truculente.
Connaissant le talent poétique de l'auteure ("La case", "L'égard"...), je suis quelque peu déçu par cette publication dans un style tout autre.

J'ai apprécié cette lecture, certainement, mais non comme une poésie.
Pour le coup, il me semble (mais ce n'est que mon point de vue) que la rigueur des alexandrins dans cet écrit messied à la verve poétique.
Ce poème, je l'aurais sans doute préféré en libre ou en prose. Quelque chose de plus aéré...

En somme, un bel écrit, mais...

Merci du partage,

Davide


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