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Poésie libre
kreivi : Il y avait un dragier dans la vitrine
 Publié le 04/05/18  -  25 commentaires  -  4778 caractères  -  189 lectures    Autres textes du même auteur

« Leben ? oder Theater ? »
Vie ? ou théâtre ?
Charlotte Salomon


Il y avait un dragier dans la vitrine



À Vonshack Khana
À Charlotte Salomon


***
je me souviens de mon premier souvenir
il y avait des grandes bougies qui grésillaient
avec des tranches d’oranges autour
et des larmes de cire
l’air avait une odeur de muscade ou de safran
ou quelque chose qui venait d'Orient
je ne sais plus
les gens chantaient, l'air résonnait
ma mère aussi chantait et quand elle chantait
je me glissais dans mes rêves
tout chaud tout rond

je me souviens des dimanches
la promenade au bord de l'eau
les aulnes penchés sur la rivière
le sentier cajolé par les fougères
le bruit des pas, l'herbe froissée

l’odeur du tilleul le soir à la maison
le sucre qui fond comme un nuage
la lumière blottie sous la lampe
et le petit chat sur les genoux
tout chaud tout rond

mon père n’était pas quelqu'un comme les autres
c'était mon père
autrement il était sérieux, il écrivait

ma mère, elle, m’aimait – c’est son métier disait-elle –
elle m'amenait partout où elle allait
elle était fière de moi
et les gens dans la rue lui disaient qu'elle était jolie
alors elle prenait le temps d’un sourire
ou d’un rouge aux lèvres
mais moi dans la rue
je préférais regarder les filles qui jouaient à la marelle
surtout celle qui avait des rubans jaunes dans les cheveux
le jaune c'est ma couleur préférée
avec les renards rouges

un matin
un matin comme les autres mais différent
mon père arriva en courant
et nous dit – on va partir en voyage –
chouette ! un voyage !
et je sautai de joie parce que j’aime beaucoup voyager
surtout en vrai

bien sûr j’avais déjà voyagé
tous les soirs dans les livres
Machu-Picchu, Alhambra,
Cap Fréhel, Simonopetra,
maman lisait et moi je tournais les images

ce jour-là donc on partait pour un vrai voyage
et toute la maison était en remue-ménage :
fermer le compteur du gaz
remplir la jatte de lait pour le chat
faire les valises
une valise seulement, avec tout dedans,
livres, albums photos, cheval de bois…

la rue descendait droite et grise
pianotait sur les pavés
les maisons chuchotaient à fenêtres fermées
je me souviens du dragier dans la vitrine
et du petit singe sur l’orgue de Barbarie
qui s’arrêta de jouer pour me regarder passer

quand je me suis réveillé nous étions à la gare
le train était arrivé
il fumait la pipe tranquille comme un directeur d’école
tandis que les gens se pressaient
autour, partout
par noms, par prénoms
par files
qui partait, qui restait
qui cherchait sa file
on s'embrassait
mouchoirs mouillés
comme tous les départs en colonie de vacances

on monta dans le train
des gens avaient pris notre place dans le compartiment
alors il fallut se serrer nounours et moi
puis le train soupira, toussota
grossit la voix
et s'en alla

mon train à moi
mon train qui va
sifflant de joie
et moi dedans
tout chaud tout rond

musique de fer
des roues sur les rails

Ukraine, Bohème Transylvanie
le monde est un grand magicien
de sa manche jaillit de tout :
des pays des rivières des arcs-en-ciel
des maisons aux volets bleus
des clochers dorés et croustillants

et la langue froide du vent
et le velours noir de la nuit

mon train qui bat
à poings fermés
et moi qui dors
à cogne cœur

musique de fer
des roues sur les rails

le train allait sans se presser
il ne comptait pas les jours
moi non plus
mais un jour, un jour enfin
il s'arrêta, tout essoufflé

fin du voyage
on descendit
à nouveau le bruit l'agitation et les cris
et les chiens
mais ceux-là avaient des crocs
et les gens marchaient
serrés en grappes
et les soldats faisaient grincer leurs bras de plomb

et maman me serrait
sans savoir où aller
qui avait peur de me perdre
qui était nue
nue de nu gris
son ventre au milieu
ce ventre à moi
tout chaud tout rond
qui me serrait
pour me noyer

dans un grand pré où l’herbe rit
avec des bleuets
et des coquelicots aussi
surtout les coquelicots
et les oiseaux qui crayonnaient le ciel
bleu lait

avec sa cheminée
ses volutes de fumée
bleue cendrée
comme l'orchidée noire qu'on avait à la maison
à côté de la fenêtre

***


 
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   Goelette   
8/5/2018
 a aimé ce texte 
Passionnément
Poème bouleversant, percutant, sans fioritures ni mélo, tout en retenue, en émotion pudique et vraie comme le sont les paroles de "l'enfant"-narrateur.
Dans ses "je me souviens" coulent tendresse, rêves, chansons, images des joies simples et fortes de l'enfance, je ne peux citer mes passages préférés : je recopierais alors tout le texte tant le style est fin, superbe, inventif, drôle parfois, terriblement beau.
Surtout ne rien ajouter aux presque dernières lignes –magistrales- si ce n’est MERCI à celle/celui qui a écrit ce texte magnifique.



"et maman me serrait
sans savoir où aller
qui avait peur de me perdre
qui était nue
nue de nu gris
son ventre au milieu
ce ventre à moi
tout chaud tout rond
qui me serrait
pour me noyer"...

* Pourtant, je ne peux m'empêcher de revenir à cette perle d'écriture et d'humanité en vous félicitant à nouveau.
Tous ces commentaires me bouleversent : en découvrant votre magnifique texte en EL, j'ai ressenti une admiration/émotion bien trop forte pour moi toute seule. Je souhaitais de tout cœur la partager, cela est en train de se faire par la belle communion que votre écrit suscite.

   Marie-Ange   
27/4/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Je vais commencer par le défaut de votre écrit, c'est son manque évident de ponctuation, surtout qu'il est très très long ...
Quelques virgules perdues traînent par-ci, par-là.

Contrairement à ce que j'aurais pu penser sa longueur n'est pas un obstacle à ma lecture. Vous avez su m'intéresser dès le départ. Emporté par mon élan, je me suis attaché avec attention à vos mots, n'en perdant pas une miette.

D'ordinaire je n'aime pas trop la manière dont le sujet est abordé. Mais ici au travers du regard de l'enfant il y a beaucoup de cette innocence, et cela se retrouve tout au long de votre discours.

C'est un appui très émouvant, portant le texte et nous plongeant dans une histoire simple en apparence appartenant à cette bien sombre Histoire, parce que d'autres hommes en ont décidé ainsi ...

   Francois   
4/5/2018
 a aimé ce texte 
Passionnément
Un texte inspiré, lyrique, sensible, qui nous emmène loin, sur les rails de l'enfance et d'un voyage qui a marqué son auteur...
Un peu long, mais je ne me suis ennuyé à aucun moment !

Beaucoup de très bons passages :
"l’odeur du tilleul le soir à la maison
le sucre qui fond comme un nuage
la lumière blottie sous la lampe
et le petit chat sur les genoux
tout chaud tout rond"

ou encore :
"la rue descendait droite et grise
pianotait sur les pavés
les maisons chuchotaient à fenêtres fermées
je me souviens du dragier dans la vitrine
et du petit singe sur l’orgue de Barbarie
qui s’arrêta de jouer pour me regarder passer"

Cela me fait penser à Blaise Cendrars, et à son célèbre "Prose du Transsibérien et de la petite Jehanne de France" :
"Le Kremlin était comme un immense gâteau tartare
Croustillé d’or,
Avec les grandes amandes des cathédrales toutes blanches
Et l’or mielleux des cloches…"

On aimerait que l'auteur, dans un forum, nous en dise plus sur ce voyage mémorable, et un peu mystérieux...

   Annick   
4/5/2018
 a aimé ce texte 
Passionnément
La voix et le ton du narrateur m'ont interpellée
En fait, il y a deux voix qui se superposent : celle du narrateur qui raconte et celle de l'enfant qu'il était. D'où ce mélange de naïveté charmante et de tournures poétiques élaborées. Ce "je" est à double voix.
Le narrateur nous emmène imperceptiblement du cocon douillet de la famille vers l'inommable, qui, sans jeu de mot, n'est d'ailleurs pas nommé : le petit garçon n'a pas conscience de cette réalité abjecte. En ce sens, tout au long de cette descente aux enfers, il est préservé.
Le regard du lecteur devient différent quand il comprend de quoi il est question : "Noms-prénoms-files-trains-chiens..."
Et puis il y a cette ellipse à la fin du poème :
"Avec sa cheminée, ses volutes de fumée..."
Des non-dits criant de vérité.

Un texte très émouvant, tout en sensibilité retenue.

Bravo.

   Robot   
4/5/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
La seconde partie du texte me fait penser à un récit de "nuit et brouillard" vu par les yeux d'un enfant. Au début, il est remonté dans ses souvenirs heureux d'avant l'évènement.
Cela pourrait paraître peu crédible d'ignorer la réalité mais l'objet est de nous montrer l'illusion, l'incompréhension. Un peu comme dans le film de Benigni "La vie est belle".

je me souviens de mon premier souvenir" La tautologie du premier vers peut surprendre quand on aborde le texte mais n'est pas désagréable, au contraire, elle retient l'attention. D'autant que le texte est construit aussi avec des répétitions volontaires qui imprime l'idée de l'expression de l'enfance.

C'est vrai que c'est plus proche d'une prose, mais il y a de la véritable poésie dans de nombreux passages.
"je me glissais dans mes rêves
tout chaud tout rond"
"le sentier cajolé par les fougères"
"le sucre qui fond comme un nuage "

Je ne peux pas tout citer.
Et les deux dernières strophes sont sublimées par la simplicité d'une émotion qui atteint sans trop en faire.

Un texte sur un thème délicat mais dont le fond a été très bien mis en œuvre.

   papipoete   
4/5/2018
 a aimé ce texte 
Passionnément
bonjour kreivi
d'emblée, la longueur du texte fait tourner le regard vers le poème suivant et puis ...on revient dessus et les yeux s'embuent peu à peu .
D'abord de tendresse avec ce tableau de Papa " sérieux " et celui de Maman " dont le métier était de m'aimer dit l'enfant ! Les voyages tout autour de la Terre " pour de faux ", et celui qu'on nous annonce " pour de vrai " ! avec une valise seulement ... le train prit tout son temps pour nous amener quelque part, avec des vrais soldats de plomb, avec des chiens aux crocs pointus, et maman qui était nue avec son ventre tout blanc, et là-bas une cheminée faisant des volutes de fumée " bleue cendrée " ...
NB je ne regrette pas d'avoir poussé la porte de votre secret, ayant lu du merveilleux, du duvet d'oie et hélas l'épilogue du voyage en locomotive à vapeur .
Votre texte m'évoque " la vie est belle " où ce papa accompagne son petit dans ce cauchemar qu'il travestit en songe ; je suis vraiment ému de vous avoir lu, et toutes les images font tilt ; de la plus douce à la plus terrible ( sans jamais le dire ! quelle gageure ! )
Un bémol, ce bémol qu'on me reprocha de signaler, va à la ponctuation rigoriste, même si tout se lit sans hésitation !
bravo Poète !

   Luz   
4/5/2018
 a aimé ce texte 
Passionnément ↑
Vraiment magnifique.
On aimerait tant que ce soit un beau voyage, mais la fin c'est la mort.
Tout est tellement poétique :
"le jaune c'est ma couleur préférée
avec les renards rouges", et oui les renards sont rouges.
C'est très bien qu'il n'y ait ni ponctuation ni majuscule.
Il n'y a que le premier vers qui me chagrine un peu : souviens/souvenir, mais c'est vraiment rien du tout.

Merci,
Luz

   PIZZICATO   
4/5/2018
 a aimé ce texte 
Passionnément
" je me souviens de mon premier souvenir ". A la lecture, ce vers m'a surpris ; mais, en m'y attardant, je me suis rendu compte de la précision qu'il veut signifier.
Un très beau poème qui mêle de fort belles images à la narration faite par l'enfant.
" quand elle chantait
je me glissais dans mes rêves
tout chaud tout rond "
" le sentier cajolé par les fougères "
"la lumière blottie sous la lampe
et le petit chat sur les genoux
tout chaud tout rond "

On se laisse bercer par l'évocation de ces souvenirs.
Puis survient ce " matin différent ". Et là, on pressent la tragédie.

Même les moments les plus sombres sont décrits par des images inattendues.

Un sincère bravo.

Une toute petite remarque : " c’est son métier disait-elle " pourquoi 'son' plutôt que 'mon' ?

   Papillon26   
4/5/2018
 a aimé ce texte 
Passionnément
Que dire après tous ces commentaires, sinon que c'est beau, émouvant, captivant. J'ai vu un film se dérouler devant mes yeux. Le film d'une enfance heureuse qui bascule dans la peur, l'horreur sans savoir, sans comprendre ce qui lui arrive vraiment.

Les dernières lignes laissent entendre que l'enfant pressent que quelque chose de terrible est là tout proche :

avec sa cheminée
ses volutes de fumée
bleue cendrée
comme l'orchidée noire qu'on avait à la maison
à côté de la fenêtre

   eskisse   
4/5/2018
 a aimé ce texte 
Passionnément
Magnifique poème, j'aime tout.
Depuis les "larmes de cire" jusqu' à la "langue froide du vent" en passant par toutes les personnifications enfantines.
Merci Kreivi.

   jfmoods   
5/5/2018
Le poème en prose revisite le passé (anaphore : "je me souviens") à travers les yeux d'un enfant. Dans un contexte familial apaisé, le regard embrasse la vie, la saisit dans l'enveloppement des premiers temps (anaphore : "tout chaud tout rond"), dans la plénitude, le comblement des sens.

Derrière l'apparence tantôt bonhomme (comparaisons : "tranquille comme un directeur d’école", "comme tous les départs en colonie de vacances", personnifications : "le train soupira, toussota / grossit la voix", "sifflant de joie", "il s'arrêta, tout essoufflé"), tantôt merveilleuse (métaphore : "le monde est un grand magicien", synesthésie : "des clochers dorés et croustillants") du voyage en train, s'impose la monstrueuse réalité de l'univers concentrationnaire (constructions à rythme ternaire : "par noms, par prénoms / par files", "qui partait, qui restait qui cherchait sa file", "le bruit l'agitation et les cris", effet de relance de la conjonction de coordination "et", métaphores : "la langue froide du vent", "le velours noir de la nuit", personnification : "il ne comptait pas les jours", mécanique de l'effroi : "les soldats faisaient grincer leurs bras de plomb", image du four crématoire : "sa cheminée / ses volutes de fumée / bleue cendrée").

On comprend alors la raison d'être de l'entête et de la dédicace.

Merci pour ce partage !

   Cristale   
5/5/2018
 a aimé ce texte 
Passionnément
Entrée dans ce poèmes sous les caresses et l'arc-en-ciel des images je n'en suis pas encore ressortie, l'esprit paralysé par le fouet de la douloureuse douceur des mots.

Il est des auteurs qui savent écrire. vraiment, Kreivi, vous êtes de ceux-là, et des meilleurs.

Merci et bravo.
Cristale

   Goelette   
6/5/2018
Modéré : commentaire hors-charte (se référer au paragraphe 6 de la charte).

   Cat   
5/5/2018
 a aimé ce texte 
Passionnément ↑
Il y a des proses belles et douloureuses, où l’on tangue violemment dans les limites entre la beauté de la prose et la cruauté de l’histoire narrée. Des proses qui tutoient les anges et suspendent les battements du cœur hors du temps.

Celle-ci est de la plus belle eau…

Attirée par ce dragier étrange, je suis entrée et me suis aussitôt retrouvée happée par la force de ces mots qui balançent, vont et viennent, soulevant des émotions d’une intensité folle.

J’en ressors éblouie… et en peine de n'avoir que ces pauvres mots pour exprimer toute ma reconnaissance envers le merveilleux Poète.

Merci Kreivi


Cat

   BlaseSaintLuc   
5/5/2018
 a aimé ce texte 
Passionnément
CHARLOTTE SALOMON

"Très vite, Charlotte montre un don pour le dessin. Son père l'inscrit à l'Académie des beaux-arts de Berlin. Jugée à l'aveugle, elle triomphe lors du concours final. Le prix est bien remis à son nom, mais comme elle est juive, c'est une fausse Charlotte, blonde et sportive, qui vient le chercher. Bientôt, la jeune fille doit fuir. Tandis que ses parents se rendent à Amsterdam, elle gagne Nice, où ses grands-parents sont réfugiés. C'est là qu'elle sera dénoncée et arrêtée par les hommes de l'une des pires ordures nazies, Alois Brunner."

voilà pour un éclairage sur Charlotte Salomon

superbe hommage donc que se long poème magnifique , j'en suis ému aux larmes , je me sent tout petit devant ce géant que voilà .

   Lulu   
6/5/2018
 a aimé ce texte 
Passionnément ↑
Bonjour Kreivi,

L'émotion m'a gagnée durant la lecture, et demeure encore quelque temps après. Ainsi en est-il, souvent, de ces textes ou de ces œuvres d'art, quelles qu'elles soient, qui nous marquent et nous hantent.

Pour moi, ce texte est absolument magnifique. J'ai aimé son côté épuré. L'absence de ponctuation, et l'essentiel centré sur l'émotion de l'enfant m'ont convaincue, et surtout touchée.

Je me suis demandée, à un moment, pourquoi vous n'aviez pas choisi la prose, mais l'effet aurait été le même, je pense, car vous maîtrisez parfaitement la narration. On sent aussi une telle aisance dans l'expression des sentiments, lesquels sonnent justes. Vous semblez, en fait, vraiment maîtriser la chose écrite, le dire de l'écrit...

La poésie affleure dès les premières lignes, et ce qui me fut agréable, ce fut de voir que vous la portiez jusqu'au bout, en dépit de ce que nous savons des circonstances.

Bonne continuation.

   Eclaircie   
6/5/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour Kreivi,

Un poème qui commence très fort par ce magnifique vers :
"je me souviens de mon premier souvenir"
Le narrateur prend visage : un enfant après ce titre précieux et intrigant.
Vous nous offrez là un poème pétri d'amour et de tendresse que l'horreur de la réalité n'entache pas, délicatement sous-entendue, franchissant la barrière protectrice du cocon familial. Ces événements ne laissent personne indemne.

De très beaux vers émaillent votre composition :
"je me glissais dans mes rêves
tout chaud tout rond"
"mon père n’était pas quelqu'un comme les autres
c'était mon père"
"le jaune c'est ma couleur préférée
avec les renards rouges"

Bien sûr pour le lecteur qui comprend vite de quel voyage il peut s'agir, la question vient à l'esprit de la longueur du texte qui peut sembler un peu trop appuyer le côté dramatique.
Il est très difficile, je pense, d'aborder ces sujets en poésie, et par ce biais du quotidien de cet enfant, vous avez réussi un bon poème.

   kreivi   
6/5/2018

   jhc   
6/5/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
qu'ajouter? Poignant et très fort. (tout a été dit sur les petites faiblesses... ) Un sujet difficile. On rentre progressivement, la couleur jaune, le singe qui s'arrête de jouer... jusqu'à l'horreur. La fin est superbe. Très belle écriture.

   Quidonc   
7/5/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour Kreivi,

Un sujet sensible traité avec beaucoup de pudeur et une fausse désinvolture interpelle. Une poésie douce amère qui fait penser par le thème et son traitement au film "la vie est belle".

Bravo et merci pour ce partage

   SaintEmoi   
7/5/2018
 a aimé ce texte 
Passionnément
Bonjour,
c'est terrible les voyages, parce que même les pires, surtout lorsque le récit est à la fois naïf (celui d'un enfant) et si évocateur, il attrape notre soif de lire jusqu'au bout, même si, petit à petit on sait qu'on est en train de lire l'horreur.
Merci

   Pouet   
7/5/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bjr,

Très beau premier vers qui nous plonge dans les méandres de cette "mémoire".

Le reste n'est que pudeur et évocation.

Après l'indicible, l'oubli serait inconcevable.
Merci de rappeler, merci de mettre en mots.

   josy   
8/5/2018
 a aimé ce texte 
Passionnément
je suis pas fortiche dans les commentaires
aussi j ai relevé de tres jolies choses ; comme

"le sucre qui fond comme un nuage"

"la langue froide du vent
le velours noir de la nuit"

"mon train qui bat à poings fermés
et moi qui dors à cogne coeur"

"les oiseaux qui crayonnent
le ciel bleu lait"

j ai tout simplement adoré ce joli décor naif
et poétique

et puis ce père qui n était pas comme les autres
"c'est le mien"

bref j ai lu trois fois ce texte et j ai hâte de vous relire encore!

bien à vous

   Gabrielle   
10/5/2018
 a aimé ce texte 
Bien
Un rappel historique rapporté par le regard porté par un enfant sur les événements passés et l'horreur...

Merci pour ce partage.

Cordialement.


Gabrielle Michel

   Jmeri   
15/5/2018
 a aimé ce texte 
Passionnément
Très beau et émouvant.
de ce qui est un rappel de ce côté horrible de l'histoire de l'humanité.
Belle façon aussi d'honorer le Devoir de Mémoire.

Je suis aussi admirateur de Charlotte et de ses admirables tableaux (les originaux sont au Musée De l'Histoire Juive d'Amsterdam, et on été exposés à Nice en 2016)


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